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HISTOIRE de Oued Rhiou

Petite histoire d'Inkermann    (Oued Rhiou)   
        à ses débuts     
    Le 28 janvier 1870, vu l'avis du Gouvernement en Algérie, Napoléon III créa, dans la province d'Oran un nouveau centre de colonisation dans la plaine du bas Cheliff. Le nom  attribué est Inkermann *, remplaçant la terminologie arabe de Oued Rhiou.
Dans son décret, l'empereur déclare que sur les deux mille quatre cents hectares de terres réservées à l'exploitation agricole , la moitié des lots sera attribué aux fils de colons et l'autre moitié sera réservée à l'immigration.

     Le centre, avec une emprise de quatre mille  hectares, fut implanté proche de l'oued Rhiou (150 km de long, prend sa source dans de massif de l'Ouarsenis), affluent sur la rive gauche du Cheliff (le plus grand cours d'eau d'Algérie) et à quelques kilomètres de ce fleuve, au pied de la montagne du Grigra et face aux monts pelés du Dahra.
Une soixantaine de foyers s'installèrent dans cette plaine infestée de moustiques anophèles et où les jujubiers sauvages étaient tellement grands et nombreux que, d'après les témoins de l'époque, on ne pouvait pas apercevoir un homme à cheval. Chacals et hyènes abondaient ainsi que des léopards.

     Tout est à créer dans ce pays rude, dans une atmosphère de fournaise durant de trop nombreux mois d'été. Aussi loin que porte le regard , ce ne sont que lentisques épineux, jujubiers, ronces inextricables, cactus et des pierres, des pierres !  Le premier contact avec la région est effrayant surtout pour les nouveaux pionners nouvellement arrivés en Algérie. Il est évident que ceux qui avaient aidé leurs parents arrivés plus tôt, dans le défrichage des terres, savent à quoi s'en tenir mais, pour les nouveaux, quelle dure réalité !

     L'existence est très dure pour ces gens qui, malgré  paludisme, bêtes sauvages, climat pénible et environnement peu sûr dû à quelques bandits, défrichent, bâtissent et cultivent.  Peu à peu, le village prend forme.  D'autres colons arrivent et  remplacent ceux qui sont morts  à la tâche. 
  Mais il y a aussi les premiers mariages suivis des premières naissances. Un médecin militaire passe de temps en temps pour soigner les malades..

   La vie s'accroche à ce coin de terre que les hommes avaient pratiquement déserté depuis l'époque romaine. Cette dernière avait laissé des traces et, jusqu'à l'époque contemporaine, il n'était pas rare de trouver en labourant des ruines d'habitation, de temples et de nombreux sarcophages taillés dans la pierre qui devinrent plus tard ... des abreuvoirs !
     A l'époque où fut fut créé notre village la population indigène était faible dans cette région. Elle aussi avait eu à souffrir d'épouvantables famines, de fièvres, de maladies endémiques et aussi de pillards. Ces derniers furent détruits par l'armée dans les années qui suivirent la conquête.   Cette population, peu à peu, vient s'installer aux abords du village pour bénéficier non seulement de travail mais aussi de soins médicaux et de la possibilité d'envoyer ses enfants à l' école. A l'école se  côtoient donc les enfants des colons * *  et quelques enfants des autochtones.

     Et, peu à peu, d'autres  maisons s'élèvent ; des mûriers et des caroubiers sont plantés sur les trottoirs des rues du village qui prend vraiment forme.     
L'Administration se met en place : création d'une Justice de Paix, d'un bureau d'enregistrement et du timbre, de la Poste et du Télégraphe, d'une Gendarmerie, d'un Centre des Contributions diverses (chargé de percevoir les impôts) et même d'une prison.       Malgré de dures années la Commune Mixte d'Inkermann prend de l'extension : elle est chef-lieu d'un canton qui réunit les communes des Hamadenas, Djidiouia (St Aimé), Si M'hamed Benali (Renault) et Ami-Moussa.       Le botaniste Victor Ravel a importé en Algérie plusieurs essences australiennes, notamment l'eucalyptus ; ces arbres-ci sont plantés le long des routes en direction de Relizane et vers l'oued Cheliff.

    Malgré le forage de plusieurs puits, les besoins en eau, surtout potable, se faisaient sentir.  L'eau courante est rare dans la région mais les plis du terrain renferment des sources et l'une d'entre elles est captée dans le  Grigra et amenée au village par le Génie . C'est par un canal à ciel ouvert, que  l'eau arrive jusqu'au centre du village où, non seulement elle peut satisfaire les besoins domestiques mais encore irriguer les jardins qui fournissaient légumes et fruits.    Si le centre et ses abords immédiats possédent une terre de bonne qualité  il n'en est pas de même dans la plaine qui s'étend jusqu'au Cheliff. Malgré cela, les paysans tentent de développer une certaine arboriculture avec des réussites comme pour l'oranger, le citronnier et l'olivier mais avec beaucoup de déboires avec l'avocatier, le bananier, le goyavier.    Puis c'est au tour de la vigne, du blé et du riz. 
Les agriculteurs se réunissent et créent une institution appelée Comice Agricole.

     Des particuliers installent des petites industries comme une scierie, une briqueterie (qui exploite un gisement d'argile fine) et aussi une fabrique de carreaux en céramique. Une carrière de calcaire est ouverte et exploitée. Toutes ces activités répondent directement aux besoins de la population qui s'accroît sous la poussée de nouveaux venus comme des viticulteurs du sud de la France (ruinés par les problèmes causés par le phylloxera, des Alsaciens et des Lorrains chassés de leur région par les Allemands, ouvriers de toutes sortes. Les rejoignent des Espagnols, des Italiens, des Maltais ... Tous sont de grands travailleurs avides de réussite désirant élever leur condition sociale.
     De nouveaux bâtiments se construisent, une église est édifiée.     
La ligne de chemin de fer Alger-Oran qui fonctionne depuis 1873, et qui s'arrête au village, est de plus en plus empruntée.

     Grâce au travail, à l'allant et à la ténacité suivis  d'une réussite certes modeste de ces premiers inkermannais, la région se développe et Inkermann devient une commune à part entière (Commune de Plein Exercice) et son premier maire est monsieur Gustave Defarge-Lacroix.             
     Pendant les rudes années qui suivirent et malgré les fièvres, les épidémies, les moustiques, le village continue à se développer. D'autres familles s'installent et de nouveaux emplois sont créés.  La population s'active, le chômage est pratiquement inexistant.Des ateliers et échoppes existent maintenant tels que forgerons, menuisiers, mécaniciens, charpentiers, puisatiers, cordonniers, coiffeurs ...
Mais il n'y a pas que les calamités naturelles. Les petits colons et les ouvriers sans quelque argent subissent la loi des usuriers.

     De plus en plus, des terres sont défrichées par les colons. Le travail est très ardu ; été comme hiver, il faut arracher les souches une à une qui s'enfoncent à près d'un mètre dans le sol,  couper à la main des épineux, genêts acérés et autres jujubiers sauvages qui sont tellement vieux qu'ils atteignent plus de trois mètres  de haut, sans oublier les figuiers de barbarie aux piquants aiguisés. Dans ces taillis inextricables vivent léopards, chacals et hyènes. Ces animaux sont si nombreux qu'en hiver, lorsque sévit la disette, ils sautent par dessus les haies et les clôtures et dévastent poulaillers, clapiers et bergeries.  Des chasses sont organisées.  Ces animaux sont pourchassés et les léopards et hyènes sont détruits (malheureusement ?!). Les chacals, sans doute plus malins et se reproduisant plus rapidement, subsistent et rôdent toujours autour du village.

     Audace, opiniâtreté et persévérance permettent à ces hommes de triompher de  toutes ces difficultés, des ennuis et déceptions sans nombre, des tracasseries des militaires et des rendements des récoltes qui n'ont rien de comparables avec ceux de métropole  (d'autant plus que le prix du quintal était fixé à Paris et identique à celui  des paysans français). Ils ont le courage  et la volonté d'accepter le pari de se battre avec cette nature  hostile et ils sortent vainqueurs de ce combat.

     La vie prend toujours le dessus et la population continue d'augmenter. En 1900, on comptait plus de 4400 habitants dans le village.
        
*  Bataille victorieuse que l'armée française de Napoléon III (épaulée par quelques compagnies anglaises) livra en Crimée contre les troupes russes le 5 novembre 1854.
* * Les colons, à cette époque, étaient les habitants d'une colonie

 

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